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 Rain at the coffee store - Abigail 

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âge : 35 cordes à son arc qu'elle arbore fièrement
métier : Professeur d'histoire médiéval au Trinity College
Côté coeur : Mariée avec son âme soeur depuis huit ans et maman d'une petite fille beaucoup trop adorable
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MessageRain at the coffee store - Abigail   Ven 19 Jan - 15:43

Rain at the coffee store

Il est tôt et pourtant tu as l’impression que le quartier entier s’est donné rendez-vous dans ce Starbucks. La queue est longue comme un lundi matin et tu n’as vraiment pas de temps à perdre. Tu as un programme plus que chargé et tu dois être en mesure de te maintenir éveillée. Comme tu ne peux compter sur ton sommeil, plus évasif encore que ton mari, tu dépends du café. Ton rythme a atteint des sommets alarmants, tu ne sais même plus combien tu en bois pour tenir le coup.

Crispée et les nerfs à vif, tu tapotes impatiemment du pied, hurlant intérieurement que tout ce monde disparaisse et que tu aies enfin accès au seul réconfort qui existe actuellement dans ta vie. Les minutes sont devenues des heures dans ton esprit fatigué et en manque de ce qui est en train de devenir une drogue.

Tu as l’impression que ta vie est un triste cirque.

Tu parviens enfin à atteindre le comptoir et tu demandes d’une voix aussi agréable qu’un uppercut en plein nez un Americano. L’employé te fais répéter trois fois ton nom et t’envoies patienter dans un coin. Tu te demandes encore comment tu ne lui as pas hurlé au visage et tu t’es uniquement contenter de le fusiller du regard tout le long de l’échange.

Tu es devenue aussi instable qu’une mine antipersonnel.

Pendant ton attente forcée, tu refais le planning de la journée pour la énième fois, minutant chaque déplacement pour pouvoir aller au plus vite au chevet de ta fille. Si tout se passe comme prévu, tu devrais y être en fin d’après-midi.

Sauf que, pour changer, rien ne se passe comme prévu.

Au moment où ton café est prêt et que tu t’élances pour attraper le précieux gobelet, un groupe de jeunes te bousculent, précipitant ton café dans le sol. La tâche noir s’étale sous tes yeux et tu observes impuissante comment ton café se déverse sur le sol impersonnel de l’établissement. Tu n’entends pas ce que l’employé essaie de te dire, tu n’enregistres pas l’excuse maladroite de l’adolescent qui t’a percuté. Tes yeux sont rivés sur le désastre qui se déroule à tes pieds. Flaque brunâtre qui s’agrandit à chaque instant, gobelet souillé et renversé en son centre, tel un îlot isolé de tout.

Il suffit de cette image pour que ton masque se fissure et tu laisses entrevoir l’épave que tu es.

Tes larmes coulent, et tu sais que tu ne peux les arrêter. Ton esprit crie, il demande clémence. Ta psyché n’arrive plus à gérer le moindre contretemps, elle est en surchauffe avec la série de malheurs qui te poursuit depuis décembre.

Tu pleures pour ta fille, tu pleures pour la coquille vide qu’est devenue ton mari, tu pleures pour la femme désemparée que tu es devenue. Tu pleures pour la destruction de ton foyer, tu pleures pour ton corps, amoindri et au bord de la rupture devant le manque flagrant de nutriments qu’il endure depuis des jours. Tu pleures de faim, de soif, de fatigue.

Tu pleures.

Tu ne vois plus rien, tu ne sais même plus où tu te trouves. La seule chose dont tu es certaine est que ton monde est anéanti, que tu ne vis que dans les ruines de ce qui autrefois fut ce qui te tenait le plus à coeur. Tu habites un monde de cendres, un monde qui a perdu sa couleur, son odeur, sa saveur.

Tu te demandes si c’est cela ce qu’on appelle être mort de l’intérieur.

Tu sens des bras te guider ailleurs, sûrement dans un coin plus discret du café. Ta vision s’éclaircit quelque peu et tu enregistres le mouchoir tendu en ta direction. Tremblante et toujours proie à un torrent de larmes, tu le prends. Tu essaies de reprendre un minimum de sang froid, ne serait-ce que pour remercier la silhouette qui vous a pris en pitié.

-M..me…merci.

Ta voix est à peine un chuchotement, entrecoupée de sanglots étouffés. Tu dois être un bien triste spectacle mais pour la première fois depuis l’hospitalisation de ta fille, tu n’arrives tout simplement pas à donner le change. T’irais même jusqu’à dire que tu t’en fiches royalement.

Mais tu essaies de remonter un peu la pente. Tu t’essuies un peu le visage et tu essaies de chasser le kaléidoscope qui a pris possession de ta vue.
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MessageRe: Rain at the coffee store - Abigail   Sam 20 Jan - 14:56

PoppyRain at the coffee store
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Elle aurait pu prendre son café chez elle, confortablement installée dans son canapé. Mais le simple fait de devoir affronter une fois de plus cette maison vide de bruit l'avait incité à sortir. Pour aller où ? Elle déambula dans les rues un moment avant de s'arrêter au premier starbuck du coin. Finalement elle pourrait prendre un bon café entourée de monde. Elle n'avait même pas besoin de parler à quelqu'un à vrai dire. Juste voir un peu d'agitation et se sortir de son quotidien devenu étouffant.
Elle entra et prit la file d'attente. C'est dingue le monde qui peut se retrouver ici le matin de bonne heure. A croire que personne ne sait faire un café chez soi. Ce n'est quand même pas difficile et ça évite de claquer une fortune pour un café à la con. Bon ok, on a son prénom écrit sur le gobelet, et alors ? Ça ne justifie pas les prix hallucinants qu'ils pratiquent dans ce genre d'endroit. Mais bon, comme tout le monde, elle se laisse avoir et entre régulièrement ici. Elle aime l'ambiance et puis finalement, le café n'est pas trop dégueu.
Contrairement à beaucoup qui venait avant de partir au travail, Abi n'avait pas de contrainte horaire. Elle avait tout son temps. Alors devoir attendre dans cette file lui était bien égal. De toute façon, ce n'est pas comme si elle était attendue quelque part. Cependant son regard fut attiré par une jeune femme qu'elle connaissait de vue. Cette femme habitait le même quartier qu'elle et Abi avait plus ou moins eut connaissance de la tragédie qu'elle vivait actuellement. Avoir un enfant dans le coma doit être insupportable. Et pourtant, jamais elle n'avait osé l'approcher pour lui parler. En même temps, elles ne s'étaient jamais parlé avant ça donc bon, ce n'était pas évident d'approcher maintenant.
Mais quand elle la vit le regard fixé sur ce café renversé, elle sentit tout de suite qu'elle devait lui venir en aide. Surtout parce que tout le monde autour semblait complètement indifférent. Elle semblait même gêner certaines personnes qui voulaient se faire servir à leur tour. Abi décida donc d'approcher. Elle passa ses mains sur les épaules de la jeune femme et l'emmena un peu plus à l'écart le temps qu'elle se calme. Elle lui tendit un mouchoir en papier, peinée de la voir dans un tel état. Abi aurait voulu faire quelque chose pour l'aider mais là, elle ne voyait pas trop quoi faire d'autre, si ce n'est la rassurer en gardant une main sur le dos de la jeune femme.

_ Ce n'est rien, ne vous en faites pas.

Elle la remerciait mais franchement elle ne faisait rien de bien particulier. Elle lui avait simplement offert un mouchoir, autrement dit, rien du tout.

_ Vous voulez vous asseoir un instant ? 

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MessageRe: Rain at the coffee store - Abigail   Lun 22 Jan - 13:02

Rain at the coffee store

Une fois que ta vision revient à peu près claire, tu arrives à voir la bonne âme qui a bien voulu s’occuper de l’épave que tu es. Une femme te renvoie un regard inquiet tandis que sa main continue posée sur ton dos. Geste se voulant rassurant et surtout cherchant à t’apporter un peu de calme.

Ce simple geste te donne presque envie de te dissoudre en larmes.

Tu ne sais plus quelle est la dernière personne à t’apporter un peu de bienveillance. Tu t’es tellement perdue dans ta colère, ta tristesse et tes réclamations que tu avais presque oublié ce que cela faisait d’avoir une présence amicale à tes côtés. Cette inconnue ne le sait sûrement pas mais elle vient de te donner plus que ce que personne n’a pu ou voulu t’offrir ces dernières semaines.

Tes émotions te vident de ton énergie subitement, ton corps se vengeant de tes mauvais traitements durant ce moment d’inattention. Tes genoux tremblent quelque peu mais tu parviens à garder l’équilibre et ne pas t’effondrer lamentablement devant tout le monde. Craignant que ta voix trahisse ton état physique, tu te contentes de doucement hocher la tête et te laisses guider jusqu’à une petite table.

Tu remercies le ciel que personne de ton entourage assiste au spectacle, tu n’es qu’une figure petite et fragile. Tes pulls cachent ta nouvelle maigreur mais dans ton état actuel, tu n’arrives pas à donner le change et ton armure de laine ne parvient pas à cacher la réalité aussi efficacement que tu l’aurais souhaité.

Essuyant tes yeux avec le mouchoir gracieusement offert, tu regardes un peu mieux celle qui t’a si gentiment tendu la main. Grande, rousse, jolie tenue, elle est l’image type de la femme habitant à O’Connell Street. D’ailleurs, son visage n’est pas si étranger que cela, ton cerveau brumeux parvient à décerner une certaine familiarité dans ses traits. Tu l’as sûrement croisé dans le quartier. Mais si elle t’a croisé avant décembre, elle ne peut faire le lien avec la femme brisée qui est assise en face d’elle. Tu n’es plus cette femme. Comme si tu avais pris la place d’une toute autre personne.

Peut-être que tu t’es toi aussi cogné la tête et pas uniquement Lola.

- C’est…c’est gentil à vous de…prendre le temps de…de vous préoccuper d’une…une inconnue. Je…je suis désolée pour…pour le spectacle.

Ta voix, aussi fragile que du papier calque, tremble et ta respiration est encore entrecoupée de sanglots, bien que plus courts et quasiment silencieux. Ton discours est loin d’être digne de la professeur que tu es mais tu parviens au moins à formuler les choses correctement. Même si ta diction est déplorable. Tes larmes commencent à se tarir, mais ne s’arrêtent pas pour autant. Telle une bouteille ayant subie trop de pression, tes émotions se libèrent dans cette soudaine crise de larmes, incontrôlables.

Tu te sais mal en point mais tu ignores peut-être jusqu’à quel point.

- Je…je suis de…de piètre compagnie…en…en ce…ce moment…mais…j’insiste pour…pour vous payer…le…le café.

Ton premier acte bienveillant depuis des semaines. Tu ne t’en croyais plus capable. Tu tenterais bien d’esquisser un sourire, aussi faible soit-il, mais tu ne demandes pas des miracles non plus. Le simple fait que tu puisses être agréable avec un autre être humain est déjà quelque chose d’inespéré dans les temps qui courent.

Tu t’accroches donc à ce simple fait. Peut-être que tout n’est pas encore perdu pour toi.
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MessageRe: Rain at the coffee store - Abigail   Mer 31 Jan - 14:26

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Abigail n'avait pas pu rester sans rien faire comme la plupart des gens qui les entouraient. Cette jeune femme faisait peine à voir. Elle semblait si fragile. Un peu comme si elle pouvait s’écrouler d'un moment à l'autre. C'est plus ou moins ce qui était entrain d'arriver d'ailleurs. Elle avança donc et l'emmena un peu plus loin, histoire d'être un peu à l'écart du monde. Elle lui tendit un mouchoir en tendant de la réconforter au mieux. Voir les gens souffrir n'a jamais été quelque chose qui la laisse indifférente. Quand elle peut aider, elle le fait volontiers.
Quand elle eut son accord, elle l'emmena s'installer à une table. Rester debout n'était sans doute pas une bonne idée au vue de son état. Elle semblait au bout du rouleau et tellement crevée.

_ C'est normal voyons. Je ne pouvais quand même pas vous laisser comme ça. D'autant plus en voyant cette foule trop accro à la caféine pour venir en aide à leur prochain.

Elle lui souriait pour lui montrer que ça ne la dérangeait pas du tout de passer un moment avec elle. Et puis c'est vrai que les gens autour d'eux semblaient se foutre totalement de l'état de la jeune femme. Les gens sont tellement égoïste de nos jours. D'ailleurs c'est à peine s'ils relèvent le nez de leur smartphone pour la plupart.
Abigail est surement trop vieille pour comprendre certaine chose mais de son époque, aider les gens était chose normal. Et c'est une habitude qu'elle n'a jamais perdu.

_ Oh non, ce n'est pas la peine. Ce n'est qu'un café. Et je sais que ça ne doit pas être facile pour vous en ce moment. Vous vivez une période très difficile. J'admire votre courage.

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MessageRe: Rain at the coffee store - Abigail   Ven 16 Fév - 17:06

Rain at the coffee store

A ses mots, tu tournes légèrement le regard vers ceux présents dans l’établissement. En toute honnêteté, tu n’aurais probablement pas réagi non plus. Ces derniers temps tu ne te considères pas un être humain pleinement fonctionnel, tes émotions sont totalement hors contrôle et tu parviens à peine à garder un semblant de routine. De toute manière tu est tellement habituée aux larmes que le son des sanglots ne serait même pas enregistré par ton cerveau. Tu as l’impression qu’on ta volé ton rôle dans la pièce qu’est le monde, plus rien n’a un véritable sens et tu te sens à côté de tout.

Actrice qui a oublié son texte.

La femme en face de toi semble sincèrement étonnée de l’absence d’interaction entre eux et vous. Il fut un temps où tu aurais été pareille. Sauf que la vie s’est chargée de t’apprendre à la dure que non, la compassion n’est pas un dû mais un luxe que tu ne peux distribuer que lorsque ton propre monde est à peu près en ordre. Tu es bien placée pour le savoir: tu n’es plus la même depuis que ta vie parfaite a été pulvérisée lors d’une minuscule seconde d’inattention.

Tu t’essuies une énième fois les yeux, espérant que le torrent voudra se tarir prochainement. Poupée cassée, tu tentes de remettre une nouvelle couche de colle par-dessus tes fissures. Mais aujourd’hui la colle ne semble pas marcher et tu es fatiguée de faire semblant, fatiguée de tenter bêtement de garder la face alors qu’on t’a tout bonnement arraché le coeur et tu attends toujours le moment où tu pourras le récupérer.

- Il…il ne faut pas leur en vouloir. Ils ne…ne peuvent pas savoir quand une…une personne va mal. C’est difficile de ne pas voir au-delà de ses propres problèmes.

Tu devrais peut-être écouter ce que tu dis et l’appliquer à ta propre vie. Voir au-delà de ta souffrance et peut-être t’occuper de celle de ton mari. Tu sais à quel point il est lamentable à s’occuper de lui-même, tu sais qu’il va déconner si tu n’es pas là pour le soutenir. Mais tu l’as dit toi-même, c’est une chose difficile, trop difficile pour l’état psychique dans lequel tu te retrouves plongée.

Ton sang se glace quelque peu avec les mots suivants.

Comment peut-elle savoir ce qui s’est passé? Le moulin des rumeurs est-il déjà en marche et vous êtes devenus la cible des papotages? Ta tête tourne quelque peu, tu ne veux pas que le voisinage sache ce qui vous arrive. A vrai dire, tu souhaites que personne ne sache ce qui vous arrive. C’est plus facile de faire semblant que tu tiens le coup dans un environnement qui ignore la noirceur qui te ronge plutôt que de naviguer dans une mer de compassion et de pitié étrangère.

L’attitude de l’autruche, le déni face à la tragédie.

- Co…comment savez-vous ce qui m’arrive? C’est la première fois que l’on se croise. On ne s’est jamais parlé avant! Je ne connais même pas votre nom!

Ta voix devient quelque peu aiguë, la panique prenant la place de la tristesse qui te dévorait quelques minutes auparavant. C’est illogique, tu n’as aucune raison de paniquer parce que tu as croisé quelqu’un qui semble savoir ce qui est arrivé à Lola mais tu n’as plus de réaction logique depuis un long moment. Si cela se trouve, elle connaît Tate ou quelqu’un qui le connaît. Elle pourrait reporter ta chute morale absolument mémorable.

Ta maigre couverture de force se verrait deviendrait poussière en un instant.

Tu tentes de te calmer, de paraître un minimum en contrôle mais tu n’y arrives pas. Tes mains tremblent comme des feuilles d’automne, ta pâleur se laisse entrevoir à travers la rougeur des pleurs, tes yeux deviennent fuyants. Tu maudis ta chance, tu maudis ce café, tu maudis l’idiot qui t’a bousculé, tu maudis tout le monde.

Tu veux juste tenir un peu plus. Tenir jusqu’à ce que Lola revienne et que le cauchemar s’achève.

- Courage? C’est bien loin de ce que je ressens. Je ne suis pas courageuse, je dirais même que je suis lâche. J’essaies juste de tenir mais visiblement le moindre contretemps me fait perdre les pédales. Ne gâchez pas votre admiration avec moi, je ne la mérite pas.

Tu rigoles d’un rire sec, sans joie, plein de l’ironie de ta situation. Comment les gens peuvent-ils croire que tu es quelqu’un de bien? Tu l’étais autrefois, maintenant tu es une coquille vide qui essaie de donner le change. Tu ne sais même pas pourquoi tu es aussi sincère avec cette femme. Ta fissure interne semble s’être agrandie plus que ce que tu avais estimé, autrement tu n’aurais jamais dit cela.

Visiblement une partie de toi a décidé de lâcher prise.
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